Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/02/14 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

A quand la sortie de crise ?

Et quand je dis sortie de crise, je ne parle pas de celle affichée dans les journaux car comme vous le savez, l'Europe est en principe sortie de crise. La reprise est là, faible certes, puisqu'on parle d'une croissance de 1 ou 1,1%. C'est faible mais c'est tout de même positif pour les économistes !

En revanche, le citoyen est un peu comme soeur Anne, il a beau chercher, il ne voit pas encore le bout du nez de cette reprise. Et c'est vrai que ce n'est pas par mauvaise volonté qu'il ne la voit pas : les faillites sont hélas toujours aussi nombreuses et l'accès au crédit est de plus en plus difficile... Les banquiers diront que ce n'est pas vrai, que c'est parce qu'il y a moins de demande. Les autres diront que les banquiers ne disent pas la vérité car pour réussir les tests de résistance, qui vont leur être imposés par la banque centrale européenne, les banquiers belges, comme tous les banquiers de la zone euro, ont durci leurs conditions d'octroi des crédits. Et puis, comme si cela ne suffisait pas à ajouter à l'angoisse du citoyen voilà qu'il apprend que notre dette publique risque de peser plus lourd si la zone euro entre en déflation !

La déflation, c'est comme la peste, elle est mortelle ; c'est une période où les prix ne font que baisser, donc, tout le monde retarde ses achats en se disant que demain cela sera encore moins cher. Si nous agissons tous de la même manière, alors c'est le cercle vicieux qui s'enclenche puisque personne n'achète et plus personne ne vend. Heureusement cette déflation n'est encore qu'une menace, mais bon elle fait peur.

Cela dit, je ne vais pas vous plomber la journée avec ce genre de considération, c'est pas le genre de la maison.
En revanche, j'ai une bonne nouvelle : deux économistes américains (1) ont étudié les crises mondiales sur plusieurs siècles et ils viennent de mettre au point un indice de sévérité des 100 crises passées parmi les plus graves de ces 200 dernières années. On apprend ainsi quel est le nombre d'années qu'il faut pour que le PIB par habitant, autrement dit la richesse par habitant, revienne à son niveau d'avant crise. La réponse : 8 ans et quatre mois en moyenne. Donc, faites le calcul, la crise a démarré en 2008, cela fait six ans grosso modo, on est donc dans la dernière ligne droite. Il reste encore deux années à résister et on pourra enfin dire OUF !

Enfin, si les pays émergents ne sombrent pas, si la Chine n'explose pas, si les pays arabes ne plongent pas dans le chaos... Bref, ça fait pas mal de cierges à allumer d'ici deux ans.

(1) Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, l'indice de sévérité vient d'être mis au point, après la sortie de leur livre publié en 2009 (this time is different)

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