Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/06/12 à 10:41 - Mise à jour à 10:41

4 bonnes nouvelles pour lutter contre la sinistrose

Et si nous terminions la semaine sur quelques bonnes nouvelles, histoire de nous changer de la sinistrose ambiante ?

Première bonne nouvelle : l'Espagne, qui avait demandé l'aide de l'Europe pour renflouer ses banques, souvenez-vous, c'était il y a quelques jours à peine - souvenez-vous également qu'elle avait demandé carrément 100 milliards d'euros - au final, n'aura pas besoin de 100 milliards d'euros pour refinancer ses banques, mais au pire de 62 milliards d'euros. Pourquoi cette différence de chiffres, me direz-vous ? Le dernier montant de 62 milliards d'euros provient d'un audit indépendant et n'a été connu qu'hier soir ! C'est une excellent nouvelle : cela veut dire que l'Espagne avait été trop pessimiste pour son secteur bancaire. Il faudra voir aujourd'hui comment les marchés financiers accueilleront cette bonne nouvelle.

L'autre bonne nouvelle, même si elle n'est pas encore concrétisée, est que l'Europe pourrait accorder deux ans de plus aux Grecs pour restaurer leurs finances publiques... à la condition expresse qu'ils s'engagent sur le fond à respecter les mesures d'austérité que le FMI et l'Europe leur imposent pour assainir leur économie. Si cela se concrétise, ce serait quelque chose de nature à calmer un peu les Grecs en leur démontrant que l'Europe apprécie leur dernier vote aux élections de dimanche.

Autre bonne nouvelle : à force d'imaginer le pire pour la zone euro, le prix du pétrole a baissé et fluctue aujourd'hui autour des 80 dollars le baril, alors qu'il a dépassé les 100 dollars il y a quelques semaines encore. C'est toujours un point noir en moins.

Et puis, ne boudons pas notre plaisir, quatrième bonne nouvelle : l'Allemagne est le pays de la zone euro qui a payé et paie encore la plus grosse facture pour le sauvetage de la Grèce. Une facture de 67 milliards d'euros. Mais c'est oublier, comme le dit le journal Les Echos, que la crise grecque a provoqué un mouvement de "fuite vers la qualité", qui s'est traduite par une ruée sur la dette allemande. La meilleure preuve, c'est que Berlin se finance sur certains titres à un taux d'intérêt de 0 %. Plus remarquable encore, le coût d'emprunt à deux ans a été négatif au début du mois de juin. Ce qui signifie que les investisseurs étaient prêts à perdre de l'argent pour préserver leur capital, un peu comme s'ils louaient un coffre-fort à la banque.

Ce que je veux dire avec cela, c'est que, si la Grèce a coûté ou risque de coûter 67 milliards d'euros aux Allemands, l'allégement de leur charge d'intérêt s'élève environ à 63 milliards. Autrement dit, les Allemands sont quasi certains d'avoir déjà récupéré leur mise, c'est-à-dire leurs prêts à Athènes !

A un moment où tout le monde broie du noir, il était important de rappeler que le monde continue de tourner et pas seulement dans le mauvais sens.

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