Nathalie van Ypersele
Nathalie van Ypersele
Retrouvez chaque semaine l'éditorial de Nathalie van Ypersele, rédactrice en chef de Trends-Tendances, en alternance avec Guy Legrand, directeur adjoint du magazine
Opinion

03/01/11 à 09:08 - Mise à jour à 09:08

2011 : une année pleine de surprises

Que nous réserve 2011 ? Les prévisions vont du noir (très) foncé au gris (très) clair. Pour les pessimistes, tel Nouriel Roubini, la probabilité d'une nouvelle récession est réelle (35 % de chance aux Etats-Unis).

2011 : une année pleine de surprises

© Photonews

Que nous réserve 2011 ? Les prévisions vont du noir (très) foncé au gris (très) clair. Pour les pessimistes, tel Nouriel Roubini, la probabilité d'une nouvelle récession est réelle (35 % de chance aux Etats-Unis).

C'est le scénario du pire : il prévoit à nouveau une baisse du prix de l'immobilier américain, emmenant dans sa chute les banques américaines et plus largement l'économie outre-Atlantique. Celle-ci devra également faire face à une hausse du taux de chômage déjà très important (9,6 % officiellement, 17 % en réalité selon Roubini) tandis que la croissance devrait faiblir par rapport à 2010 puisque certains incitants fiscaux seront éliminés. Faute de munitions, l'Etat ne pourra plus déployer les mêmes moyens financiers qu'en 2008 pour sauver les banques. Dans ce scénario du pire, les conséquences pour les économies américaine et européenne seront, inutile de le souligner, catastrophiques.

Les prévisions d'Alan Brown, chief investment officer chez Schroders, sont plus optimistes pour les Etats-Unis. Même si le système bancaire est fragile, Alan Brown estime que les USA ont de bonnes chances d'éviter le "double dip". Il est rejoint dans son analyse par Jim O'Neill, président de Goldman Sachs Asset Management, qui prédit une croissance robuste comprise entre 3,4 et 3,8 % pour les deux prochaines années. Une croissance suffisamment forte pour diminuer le taux de chômage aux Etats-Unis.

Pour l'Union européenne, Jim O'Neill prévoit encore de nombreux dilemmes au sein des 27 pays bien endettés. "Il ne s'agit pas tellement d'une crise de la dette mais plutôt d'une crise de leadership et de gouvernance au sein de l'Union", analyse-t-il. Morgan Stanley explicite la problématique des gouvernements : ces derniers doivent réconcilier les exigences de leurs créditeurs et débiteurs, soit les citoyens. Les premiers plaident pour des mesures d'austérité, les seconds protestent dans les rues pour assurer le maintien de l'emploi, des services publics de qualité et d'une sécurité sociale bien financée.

Dans le clan des optimistes, Chris Scicluna, chief economist de la banque d'investissement Daïwa, estime que l'Allemagne, avec son taux de croissance qui fait pâlir d'envie toutes les économies européennes, pourrait représenter notre planche de salut en 2011 puisque les retombées du succès outre-Rhin profiteront surtout à ses voisins. Malgré les nuages qui s'amoncellent sur les économies belge et européenne, Philippe Ledent, économiste chez ING, maintient son modèle d'une reprise en forme de stick de hockey, lente mais positive.

Face à ces différents scénarios, qui vont du plus alarmiste à une version teintée d'optimisme, que faire ? Comme le souligne Fred Kofman, professeur au MIT, la clé réside dans notre réponse face aux événements qui bousculent la vie économique. Va-t-on se positionner en victime ou adopter une attitude proactive ? Les hommes politiques, entrepreneurs ou industriels ne pourront pas modifier les données macro-économiques. Par contre, une réponse proactive et innovante de ces différents acteurs face à cette situation peut faire la différence pour nos entreprises, les emplois et, in fine, le maintien de notre modèle social.

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