Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

09/10/13 à 10:26 - Mise à jour à 10:26

100% électrique ou hybride?

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ; c'est ce que doit se dire en ce moment Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan. En effet, pendant plusieurs années, Renault avait concentré ses efforts sur le 100 % électrique et là, depuis peu, il semble que Renault ait décidé d'explorer de nouvelles alternatives et notamment du côté des moteurs hybrides!

C'est plutôt étonnant, car les spécialistes du secteur automobile ont encore tous en mémoire la fameuse phrase de Carlos Ghosn, le PDG de Renault qui claironnait partout, je le cite : "que si l'hybride est une belle histoire, ce n'est pas une histoire de profits" fin de citation ! Et c'est vrai que jusqu'il y a peu de temps encore, le PDG de Renault regardait avec beaucoup de scepticisme la technologie hybride promue par son concurrent Toyota !

Pour le PDG de Renault, la seule vraie manière de réduire les émissions de CO2 et de continuer à gagner de l'argent passait par le tout électrique. D'où d'ailleurs le pari de modèles 100 % électriques comme la Zoé chez Renault ou la Leaf chez Nissan. Deux paris soutenus tout de même avec de gros investissements de l'ordre de 4 milliards d'euros comme le rappellent nos confrères de quotidien Les Echos.

Mais le problème, c'est qu'entre une déclaration d'un PDG et la réalité du marché, il peut y avoir un décalage... Ainsi, en changeant de ton, et en reconnaissant que Renault devait aussi se lancer sur le marché des moteurs hybrides, le PDG de la firme française reconnait aussi en creux que son projet de voiture 100% électrique n'est pas un succès.
Rien qu'au premier trimestre 2013 Renault avait écoulé 1,3 million de voiture dans le monde pour seulement... 10.000 voitures électriques, c'est ce qu'on appelle des ventes marginales.

Les raisons de cette absence de décollage de la voiture électrique sont connues, comme l'indique le journal Les Echos : c'est à la fois le manque d'infrastructures de recharges et les difficultés d'autonomie que connaissent ces voiture. Reste maintenant à savoir si ce virage stratégique du tout électrique vers l'hybride n'est pas trop tardif vu l'avance prise par des concurrents comme Toyota par exemple. Toyota qui, je le rappelle, a déjà vendu 5 millions d'hybrides dans le monde !

A priori, pour amorcer ce virage stratégique, Renault pourra toujours compter sur son allié Nissan, une marque qui, elle, avait déjà pris le virage de l'hybride vers l'année 2011. Mais bon, il n'empêche que ce changement de stratégie démontre que la voiture électrique semble décevoir même ses plus ardents défenseurs... Mais sans doute est-ce une question de temps ?

Nos partenaires